Tillbaka Read Runeberg

Resor i Södra Amerika åren 1836, 1837 och 1838. I trenne delar. Med kartor och plancher. Första delen

Originalsida xiii
Originalsida xiii
Originalsida xii
Originalsida xiii
xii–xiii

Sida xiii

De tons Ies livrés å faire, le plus difficile, ;i mon avis, c'est une traductioD. Or voyager c*est traduire; c'est traduire ä 1'oeil, å la pensée, a Tame du lécteur, Tes lieux, les couleurs, les impressions, les sentimens que la nature ou les monumens huniaius donnent au voyageur. Il faut å la fois savoir regardcr, sentir et exprimer; et exprimer comment? non pas avec des lignes et des conleurs, comme le peintre, chose facile et simple; non pas avec des sons, comme le musicien; rnais avec des mots , avec des idées qui ne renferment ni sons, ni lignes, ni couleurs.

— — — Je Ini demendai de me faire grace de toutes les antiqnités douteuses, de toutes les celebrités de convention, de toutes les beautés systématiques. J'abhorre le mensonge et 1'effort en tout, mais surtout en adrniration. Je ne veux voir que ce que Dieu ou 1'homme ont fait beau; la beauté présente, reelle, palpable, parlante å 1'oeil et å 1'äme; et non la beauté de lieu et d'époque: la beauté bistorique ou critique, — celle-lå aux sa vans. — A notis la beauté évidente et sensible. — Nons ne sommes pas des étres d'abstraction , mais des bommes de nature et d'instinct: ainsi j'ai visité les mers et les montagues.

— — — — Combien j'aimerais cette vie nomnde, sous un pareile ciel, si 1'on pouvait conduire avec soi tons ceux qn'on airne et qu'on regrette sur la terre! La terre entiére appartient aux peuples pasteurs et errans comme les Arabes de Mésopotamie. Il y a pins de poésie dans une de leurs journées que dans des années entiéres de nos vies de cités. En demandant trop de cboses å la vie civilisée, 1'homme se cloue lui-méme å la terre; il ne pent s'en detacber sans perdre ces innornbrables superfluités dont 1'usage Ini a fait des besoins. Nos mnisons sont des prisons volontaires. Je voudrais que la vie fut un vovage sans fin, comme celui-ci, et si je ne tennis å rEurope par des affections, je la continuerais tant que mes forces et ma fortuce le comporteraient.

LAM ART I NE.

Källa: Internet Archive ·